Poèmes de Stefan Bohdan / Traduit par Vatsala Radhakeesoon

Poèmes de Stefan Bohdan
 
 
Mon dernier jour
 
L’ange porteur de la mort
attend patiemment
mon dernier souffle
il attend patiemment
sur son cheval tout pâle
pour me traîner
au fond du mystère
de l’obscurité
dans le monde invisible
du feu de l’enfer
dont le carburant est
les non-croyants
la gueule de Satan
je me retrouve parmi
les djinns et oiseaux de feu et la faux
et les habitants de feu
qui attaquent mon âme pieuse
qui s’en moquent des prières tout devant mes yeux
qui attaquent les Saintes Ecritures dans mon cœur
derrière cette voile de feu
mon jour de ruine
un signe à l’infidèle
un signe à l’hypocrite
L’oubli qui s’ émerge
dans un clin d’œil
nous sommes os et poussière
dans ce lieu
loin de Dieu
Je prie
pour que la lumière de mon âme me sépare
de l’océan de l’obscurité
dans ce lieu
loin de Dieu
Je prie
pour que le feu ne me brûle pas
et que je prenne mon corps
de résurrection
Ah Miséricordieux
défends moi
durant mon dernier jour
l’ange porteur de la mort
attend patiemment
mon dernier souffle.
 
 
 
ON MY LAST DAY
 
The angel of death
patiently awaits
for my last breath
patiently awaits
on his pale horse
to drag me down
into the mystery
of darkness
into the unseen world
of hellfire
whose fuel is
unbelievers
the mouth of Satan
I fall into
jinn and firebirds and scythe
and the inhabitants of fire
attack my God-fearing soul
attack the prayers behind my eyes
attack the scriptures in my heart
behind this curtain of fire
my day of doom
a sign to the infidel
a sign to the hypocrite
oblivion cometh
in a blink of the eye
we are dust and bones
in this place
remote of God
I pray
my soul light will divide
me from the sea of darkness
in this place
remote of God
I pray
the fire shall not touch me
and I will take the form of
Resurrection
O Merciful One
defend me
on my last day
the angel of death
patiently awaits
for my last breath.
 
 
 
Prophète
 
Quand j’étais enfant
durant les jours où régnaient le lion et le soleil
je vivais dans les rues
de Téhéran , Ispahan et Chiraz
Je jouais dans les ruines
de Persépolis
il y avait un disque ailé
qui me rendait visite dans mes rêves
il y avait une boule de feu
qui me visitait en vie réelle
maintenant je suis un vieil homme loin de mon enfance
des milliers de merveilles cachées
ne peuvent pas démêler
les mémoires gravées dans mes cheveux
maintenant des milliers d’hommes sages
ne parviennent pas à interpréter
les poèmes naissant de mon stylo
Je me souviens du petit ange
qui me fis cadeau de deux livres d’amour
une Croix un Dôme
lorsque j’avais retourné la pièce d’antiquité
aux pierres agitées
Je me souviens du petit ange
qui m’emmena dans
une grotte montagneuse
rayonnant de soleil
débordant de L’eau Douce de la Source
Je me souviens quand mes lèvres se posèrent
sur leur reflets dans les eaux calmes
J’étais ivre d’éveil
et j’étais rené comme l’amant aux cheveux longs
ayant le cœur libre et l’ âme gémissante
soudain le future était visible dans ma coupe de vin
Je pouvais maintenant constaté
qu’il n’y avait aucune distance entre le cœur et l’âme
Je pouvais maintenant voir
les deux côtés de la voile
Je pouvais maintenant voir
le monde visible et invisible
Je pouvais maintenant voir
au-delà de l’espace et du temps
Je pouvais maintenant voir
la lumière assombri par l’ombre
Je pouvais maintenant voir
la perle du troisième ciel
dont on nomme Dieu
Je pouvais maintenant comprendre
que je devais vaincre le feu
qui consommait toute la foi
Je pouvais maintenant imaginer
quand je suis enterré
vous me déterrerez
et vous boirez le vin du fruit défendu
dans la crâne de Bohdan
pour ouvrir mes yeux.
 
 
 
PROPHET
 
As a child
in the days of the Lion and Sun
I lived on the streets
of Tehran, Isfahan and Shiraz
I played in the ruins
of Persepolis
had a winged disc
visit me in my dreams
had a fireball
visit me in reality
now an old man far from my childhood
a hundred veiled beauties
cannot untangle
the visions from my hair
now a thousand wise men
cannot interpret
the poems from my pen
I remember the child angel
gifting me two books of Love
one of the Cross and one of the Dome
for returning the ancient coin
to the disturbed stones
I remember the child angel
who brought me inside
a mountain cave
filled with Sunlight from above
overflowing with a Freshwater Spring
I remember when my lips kissed
their reflection on the still waters
I became drunk on enlightenment
and was born the long-haired lover
with a wild heart and wailing soul
the future suddenly visible in my wine cup
I could now see
zero distance between heart and soul
I could now see
both sides of the veil
I could now see
the visible and invisible worlds
I could now see
outside space and time
I could now see
the Light surrounded by shadow
I could now see
the Pearl of the third heaven
whose name is God
I could now see
I must fight the fire
consuming all faith
I could now see
when I am under the earth
you will dig me up
and drink the wine of the forbidden fruit
from the skull of Bohdan
to open your eyes.
 
 
 
La femme
(Lilith/Eve)
 
Elle danse sous le soleil
dans l’ombre des nuages
chante des chansons d’amour
et la colère terrible de Dieu
son amour pour toi
s’est détaché de la haine
ses cheveux châtain foncés (couleur de la cannelle)
et ses yeux
noirs d’un ange
et d’un djinn
son cœur ,doux comme une colombe
et un serpent
son âme ,douce comme le miel
et aussi froide que
son corps tout blême
c’est le paradis
dans ce monde
son corps tout blême
c’est le feu éternel
d’un monde à venir
Satan lui montre le chemin
la dévêtant de manières obscures
elle remue de beaux rêves
reposant dans ses longs cheveux
et des désirs charnels
naissant de ses hanches-nues
ses deux pieds font bouger
des heures
et le cœur sensuel de l’homme
elle tourne comme un tourbillon de feu
comme un démon de poussière
rempli de Saintes Ecritures
et de prière
et du blasphème
couvre- toi, Madame
nul homme ne peut résister
la séductrice
les bergers croyants faisant face
à la destruction
et les non-croyants au
Paradis
 
elle est la dernière création de Dieu
la fleur du paradis
sa beauté s’étend sur toute la terre
de l’est à l’ouest
elle est une énigme
elle est la tentation
elle est une femme.
 
 
 
WOMAN
(Lilith / Eve)
 
She dances in sunshine
and cloud-shadow
sings songs of Love
and God’s wrath
her love for you
cut with hate
hair the color of cinnamon
and the raven
eyes of an angel
and a jinn
heart home to a dove
and a snake
soul as sweet as honey
and as cold as
her pale body
Paradise
in this world
her pale body
the forever Fire
in the world to come
Satan guides her
disrobing of black habit
she shakes sweet dreams
from her long hair
and carnal desires
from her bare hips
her two feet stir
the sands of time
and the lustful hearts of man
she spins like a whirlwind of fire
like a dust devil
full of holy scripture
and prayer
and blasphemy
cover yourself woman
no man can resist
the seductress
shepherds believers into
destruction
and unbelievers into
Paradise
she is God’s last creation
the flower of heaven
her beauty spans the earth
east to west
she is an enigma
she is temptation
she is woman.
 
 
 
 
Le Martyr
 
Je suis
Sébastien
ton saint perturbé
attaché à un olivier
percé par des flèches
ayant chaque os déplacé
mon cœur épineux
Un nid de moineaux morts sans chanson
déchiré
dans le tourbillon d’Ezéchiel
la vie et la mort sont des amants
venant du ciel
des chrysanthèmes et des tulipes jaunes
arrosées d’essence
J’avale les cocktails Molotov
jusqu’à ce que mon ventre soit bien rempli de feu de l’âme
jusqu’à ce que ma foi soit une échec
les anges m’appellent du ciel
leur prières perpétuelles
leur mots sacrés
Leur trompettes faisant de l’écho
Leur ailes battant
s’accélèrent toutes les mémoires d’une vie
jadis enterrées
dans les catacombes de mon esprit (ma tête)
l’obscurité à midi
l’absence totale des étoiles
la réunion du paradis et de l’enfer
le miracle des miracles
derrière le saule pleurant
une rivière ayant l’eau transformée en vin
vaste et spacieuse
retournant à l’océan
avec d’innombrables créatures de Dieu
petits et grands
les eaux agitées
de frémissant Léviathans
avec les yeux d’albâtre comme du cataracte laiteux
et des dents grinçant
envahi par la fureur
l’abandonné
 
Je suis
Sébastien
ton saint aux cheveux longs
attaché à un olivier
percé par des flèches
Chaque os déplacé
ma dernière vision
avant de rendre l’âme :
l’homme crédule
sort en pensant à la mort
Un joli tournesol
mon dernier, souffle immortel
« Je t’aime … »
 
 
 
MARTYR
 
I am
Sebastian
your tormented saint
tied to an olive tree
pierced with arrows
every bone out of joint
my thorny heart
a songless nest of dead sparrows
torn apart
inside Ezekiel’s whirlwind
life and death are lovers
cast down from heaven
white chrysanthemums and yellow tulips
gasoline doused and ablaze
I swallow Molotov cocktails
until my belly is full of soul fire
until my faith fails me
angels call unto me from above
their perpetual prayers
their holy words
their echoing trumpets
their beating wings
quickened a lifetime of memories
once buried
in the catacombs of my mind
darkness at noon
total absence of stars above
the gathering of heaven and hell
a miracle of miracles
beside the weeping willow tree
a river of water turned to wine
vast and spacious
returns to the sea
teeming with God’s creatures beyond number
large and small
the disturbed waters
of writhing leviathans
with alabaster eyes like milky cataracts
and gnashing teeth
caught up in wrath
the forsaken
I am
Sebastian
your long-haired saint
tied to an olive tree
pierced with arrows
every bone out of joint
my final vision
before yielding up the spirit:
the jawbone of an ass
clubbing to death
a beautiful sunflower
my final, immortal breath:
“I love you . . .”
 
 
 
Ton ange secret
 
Ma bien- aimée
la perle de mon cœur
une fleur sauvage divine
aussi blanche que les colombes du paradis
saignant comme le vin rouge
mon ivresse ma folie
la preuve de mon amour
une flamme éternelle
brulant pour toi
pas de justice pour ta perte
ta prière
un chant d’oiseaux planant dans l’air
ta prière
les ailes d’oiseaux dansant au soleil
ta prière
les battements d’ailes d’oiseaux baisant le ciel silencieux
Je ferme les yeux
lorsque j’ouvre les yeux
je suis de nouveau moi-même
revenant d’un rêve mystique
du nuage tout blanc
provenant du souffle de Dieu
Je suis retourné de la terre créatrice
Je suis revenu du monde des morts
en entendant l’appel de ta prière
Je suis retourné chez toi
ma bien-aimée
ton ange secret.
 
 
 
YOUR ANGEL UNSEEN
 
My beloved
the pearl of my heart
a divine wildflower
as white as heaven’s doves
bleeding red wine
my drunkenness my madness
proof of my love
an eternal flame
burning for you
no justice for your loss
your prayer
a birdsong floating on the breeze
your prayer
birdwings dancing in the sunlight
your prayer
wingbeats kissing the silent sky
my eyes are closing
as my eyes are opening
I have returned to myself
from a mystical dream
from the white cloud
of God’s breath
I have returned from the clay
I have returned from the dead
summoned by your prayer
I have returned to you
my beloved
your angel unseen.
 
 
 
Traduit par Vatsala Radhakeesoon
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