Poésie  de Maram Al Masri

Poésie de Maram Al Masri

 

Les exilés

Nous, les exilés

qui vivons à coups de calmants.

Notre patrie est devenue Facebook

cela nous ouvre le ciel

fermé devant nos visages

aux frontières.

Nous, les exilés,

nous dormons en serrant contre nous
notre téléphone mobile.
Sous les lumières
des écrans de nos ordinateurs
nous nous assoupissons pleins de tristesse
et nous réveillons pleins d’espoir.

Nous, les exilés,

rôdons autour de nos maisons lointaines
comme les amoureuses rôdent
autour des prisons,
espérant apercevoir l’ombre
de leurs amants.

Nous, les exilés, nous sommes malades

d’une maladie incurable

Aimer une patrie

mise à mort.

 

Un enfant et une fenêtre

Raconte-moi une histoire,

demande l’enfant
né en prison
d’une mère violée.

Le visiteur commence :
Il était une fois
un petit garçon qui vivait

dans une maison

pourvue de fenêtres

donnant sur la rue.

Qu’est-ce que c’est fenêtre ?
interrompt l’enfant.

C’est un trou dans le mur

où le soleil entre
et les oiseaux
s’y posent.

Qu’est-ce que c’est oiseau ?
réplique l’enfant

Le visiteur prend un crayon

et dessine sur le mur
une fenêtre,
et un enfant
avec
des ailes.

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