Athanase Vantchev de Thracy (France)

Athanase Vantchev de Thracy (France)
 
Athanase Vantchev de Thracy is the author of over sixty volumes of poetry in both classical and free verse, covering almost the entire spectrum of prosody.
He has produced a series of monographs and a doctoral thesis on ‘Light Symbolism in the Poetry of Paul Verlaine’. Athanase has also written, in Bulgarian, a study of the great Epicurean patrician Petronius (Petronius arbiter elegantarium), the favourite of Nero and author of the Satyricon, and in Russian, a master’s degree dissertation on ‘Poetics and Metaphysics in the Work of Dostoevsky’.
With his extensive knowledge of the ancient world, Athanase Vantchev de Thracy has devoted numerous articles to Greek and Latin poetry. During the two years he spent in Tunisia, he produced three successive works on the two Punic-era Tunisian cities, ‘Monastir-Ruspina: the Face of Light’, ‘El-Djem Thysdrus: Fiancée of the Azure’ and ‘The Mosaics of Thysdrus’.
During extended stays in Syria, Turkey, Libya, Saudi Arabia, Jordan, Iraq, Egypt, Morocco and Mauritania, he was deeply impressed by his encounter with Islam and spent long years in the study of the religious history of the East. From this period dates his remarkable adaptation into French of Mustafa Tlass’s historical work, ‘Zenobia, Queen of Palmyra’.
The two years he spent in Russia (1993-4) were devoted entirely to the study of Russian poetry. Translator of an eminent group of poets, Athanase Vantchev de Thracy has been the distinguished recipient of numerous national and international poetry prizes, including the following Grand International Prizes for Poetry: the Solenzara , the Pushkin, the Naim Frashëri , the Lermontov, the Taras Shevchenko and the Alexander Paskalev.
Athanase is a laureate of the Académie Française, a member of the Bulgarian Academy of Arts and Sciences, the Brazilian Academy of Letters, the Academy of Higher Education of Ukraine, the European Academy of Sciences, Arts and Letters and the Academy of Udmurtia (Russian Federation). He is Doctor Honoris Causa of the University of Veliko Tarnovo, Bulgaria and of the Brazilian Academy of Letters, laureate of the French Ministry of Foreign Affairs, a member of French PEN., a member of the Société des Gens de Lettres de France, and the Maison des Écrivains et de la Littérature, President of the international movement Poetas del Mundo and a Universal Ambassador for Peace (Geneva).
He has been decorated with the highest honour of the Bulgarian state, the Order of Stara Planina. His poetry has been translated into 28 languages.
 
 
 
DEUX BRÈVES RESPIRATIONS
À Máša Halamová
 
I.
 
Toujours cette eau vive
Et pétillante du ruisseau
À l’aube.
Les battements du cœur
Et la grammaire sonore
Du chant des mésanges !
 
Et cette douce lumière d’or
Des renoncules
Qui emplit l’âme de joie.
 
II.
 
Les anthuriums blancs
Dans le vase de cristal,
Les brûlantes consonnes de l’air
Et tes mains délicates
Complices de mes songes.
 
Sur la nappe scintillante de blancheur
Le feu rouge de quelques pommes.
 
Je reste calme et immobile
Face au jour !
 
Glose :
 
Máša Halamová, de son vrai nom Mária Pullmanová, née le 28 août 1908 et morte le 17 juillet 1995, est une poétesse, écrivaine pour enfants et traductrice slovaque.
Les renoncules sont des plantes herbacées annuelles ou vivaces. Le nom de renoncule dérive du latin ranunculus, « petite grenouille », diminutif de rana, “rainette”, car plusieurs espèces sont aquatiques et d’autres affectionnent les endroits humides que fréquentent ces amphibiens. Ses autres noms ou surnoms sont : grenouillette et fleur de l’impatience.
Anthurium est un genre de plantes de la famille des Araceae comportant de 600 à 800 espèces, On les trouve du nord du Mexique, en Argentine, au Panama, en Colombie, au Brésil.
 
 
 
Two Short Breaths
to Máša Halamová
 
1.
Always the fresh
sparkling waters of the stream
at dawn,
the beating heart
and the sonorous grammar
of the blue tits’ song!
And this gentle golden light
of the buttercups
filling the soul with joy.
 
2.
 
The white anthuriums
in the crystal vase,
the burning consonants of the air
and your delicate hands
intimate with my dreams.
On the bright white cloth
the red fire of some apples.
And I remain calm and motionless
in the face of the day!
 
Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy By Norton Hodges
 
 
 
ÉMOTION CRÉPUSCULAIRE
 
« D’un coeur léger, je plaçai une rose
Si douce sur sa tige épineuse !
Et mon faux amant vola ma rose –
Mais, ah ! il m’en laissa les épines ».
 
Robert Burns
 
Ce soir, au crépuscule,
Assis à ma véranda,
Sous le chœur d’une armée de passereaux,
Je lis vos splendides poèmes,
Mon tendre frère en poésie,
Mon très cher Robert Burns.
 
Et c’est le flux et le reflux de l’univers,
Les courants retors du destin,
Un cœur à vif, des veillées funèbres,
Le cercle délétère
Dans lequel est enfermée ta brève existence,
Toi qui chantais à tue-tête !
 
Et cette émotion crépusculaire
Qui se saisit de mon âme
Et abolit l’inertie du cœur !
 
Ô verticale chronologie des jours :
La permanence des eaux,
L’incision des cris des enfants,
La flamboyante fureur des coquelicots,
L’ardeur monotone de l’été
Dans sa tunique incarnat,
Le fauve éclat de l’air
Où luisent les sourires
Des choses familières,
L’espace où commence l’espoir
Et les désirs qui prennent vie
Dans l’instant !
 
Ô cette parfaite limpidité
De tes strophes,
Ces sombres nuages
Collés à la peau rugueuse du temps !
 
La poignante vérité
Dans le dur labeur
De tes aïeux écossais !
 
Ô mon frère en Poésie,
Comme est chère à mon âme,
La désolation douce de tes vers,
Les couleurs éclatantes de tes rêves,
La ferveur renouvelé de l’amour !
 
Ah cette tremblante émotion
Dans la lourde ondulation des heures
Et les pourpres tourbillons du crépuscule !
 
Glose :
 
Robert Burns (1759-1796) est un poète écossais, symbole de l’Écosse. Il est le plus connu des poètes qui ont écrit en Scots, bien que la plus grande partie de son œuvre soit en anglais et en light scots, un dialecte plus accessible à un public non écossais.
 
Robert ne reçut qu’une instruction élémentaire et travailla la terre une grande partie de sa vie sans grand succès. Il s’installa à Édimbourg en 1786. Burns fut considéré par les milieux intellectuels et bourgeois comme poète-paysan. Ce statut ambigu n’alla pas sans un sentiment de malaise chez le poète, et certains poèmes en portent la marque. Grâce à l’éditeur James Johnson furent publiés entre 1787 et 1803 The Scots Musical Museum, plus de 150 chansons populaires écossaises d’origines diverses qu’il avait retravaillées. Entre 1793 et 1818 furent édités dans la Thomson’s Collection les six volumes de A Select Collection Of Scottish Airs for the Voice, 114 autres chansons populaires.
 
En 1786 il publie Poems, Chiefly in the Scottish Dialect, premier recueil de poèmes en écossais. Le succès de l’ouvrage et la mort de sa fiancée Mary Campbell le dissuadent d’émigrer à la Jamaïque. Il part à Édimbourg. Le 26 août 1787, il est adoubé chevalier par Lady Catherine Bruce, vieille dame de 91 ans et descendante directe du roi d’Écosse Robert Bruce. En 1788, il épouse une fille du pays, Jean Armour, qui lui donnera neuf enfants.
 
Son œuvre, inspirée de la vie à la campagne, de la nature et de culture populaire est aussi nourrie de nombreuses références à la poésie classique et contemporaine. Son audace naturelle l’amena à refuser les normes critiques de son époque. Sa poésie, d’une grande sensibilité, a contribué à l’éclosion du romantisme. Il inspira la production de littérature dialectale dans d’autres pays d’Europe.
En plus de ses compositions originales, Burns a recueilli des chansons populaires provenant de toute l’Écosse, en les adaptant ou les réécrivant souvent.
 
 
 
Twilight Emotion
 
‘Wi’ lithsome heart I pulled a rose
Full sweet upon its flowerin’ tree
And my false lover he stole my rose
But ah! he left the thorn wi’ me’
 
Robert Burns
 
This evening, at twilight,
sitting on my veranda,
above me the chorus of an army of sparrows,
I read your wonderful poems,
my tender brother in poetry,
my very dear Robert Burns.
 
And it was the ebb and flow of the universe,
the unscrupulous currents of destiny,
bright hearts and burials,
the injurious circle
in which your brief existence was enclosed,
of which you sang so loudly!
 
And then a twilight emotion
took hold of my soul
and rid my heart of its inertia!
 
O, the vertical chronology of the days:
the permanence of waters,
the incision of children’s cries,
the blazing fury of poppies,
the monotonous ardour of the summer
in its crimson tunic,
the wild brightness of the air
where the smiles of familiar
things gleam,
the space where hope begins
and desires that come alive
in a moment!
 
O the perfect clarity
of your verses,
these dark clouds
clinging to the rough skin of time!
 
The poignant truth
in the hard labour
of your Scottish ancestors!
 
O my brother in Poetry,
how dear to my soul
are the sweet desolation of your poems,
the brilliant colours of your dreams,
the renewed fervour of love!
 
Ah, this trembling emotion
in the heavy undulation of the hours
and the purple eddies of dusk!
 
Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges
 
 
 
IMPÉTUEUSEMENT BELLE, LA NUIT
À Élisabeth Canori Mora
 
Le chant envoûtant des grenouilles
Qui jouent avec la broche de la lune
Dans l’eau verte de bonheur !
 
Cercles luisants des formes définies
Par la danse gracieuse des ombres !
 
La brume mauve
Efface avec douceur
La lumière des fenêtres !
 
Le calme incandescent,
L’espace indéchiffrable,
La nuit qui édifie les paroles !
 
Chantres et chartistes thuriféraires,
Jeunes naviculaires,
Dieu tutélaire de la joie,
Aimable fermeté de l’inspiration subite !
 
Et nos noms d’enfants, mon ange,
Écrits en onctueuse encre rouge
Dans les antiques registres paroissiaux !
 
Ô cette immortalité qui respire
Dans nos frêles poitrines !
 
Glose :
 
Élisabeth Canori Mora (1774-1825). Elle naît dans une famille riche et profondément chrétienne. Thomas, le père, est un important propriétaire terrien près de Rome, du mariage de ses parents sont nés douze enfants, dont six sont morts en bas âge. Quelques années plus tard, la situation économique de la famille se détériore, Thomas Canori confie Elisabeth et une de ses sœurs à son frère qui vit à Spolète. Son oncle les envoie ensuite chez les augustines du monastère de Sainte-Rita-de- Cascia, où Élisabeth se distingue par son intelligence et sa vie intérieure.
 
De retour à Rome, elle mène une vie en rapport avec le prestige des dames de la société de l’époque. Un prêtre ami de la famille lui suggère d’entrer chez les oblates de saint-Philippe mais elle refuse pour ne pas laisser sa famille dans le besoin. Le 10 janvier 1796, à 21 ans, elle épouse Christophe Mora, un jeune avocat, fils d’un riche médecin. Les premiers mois sont heureux mais rapidement la fragilité psychologique de Christophe se révèle, ce sont d’abord des crises de jalousie, puis il trompe sa femme et néglige sa famille.
 
Élisabeth ne lui fait aucun reproche et continue à lui montrer de l’affection, ses deux enfants meurent en bas âge, puis elle donne naissance à deux filles, Marianna en 1799 et Maria Lucina en 1801. Christophe n’exerce plus au barreau et dépense inconsidérément son argent, Élisabeth doit vendre ses bijoux et travailler pour rembourser les dettes et faire vivre sa famille, malgré cela, ils sont obligés de quitter leur appartement pour aller vivre chez les parents de Christophe.
 
En 1801, elle souffre d’une maladie mystérieuse et risque de mourir, mais elle est guérie de façon inexplicable, ce rétablissement donne lieu à un progrès spirituel avec sa première expérience mystique, puis des visions, des prophéties, des guérisons. Elle offre ses souffrances pour le pape, pour l’Église, pour la conversion de son mari, et Rome. En 1807, elle entre dans le Tiers-Ordre de la sainte Trinité.
 
Son beau-père meurt en 1812, elle retourne vivre à Rome dans un appartement qui devient rapidement un point de rencontre pour de nombreuses personnes à la recherche d’une aide matérielle et spirituelle, spécialement pour des familles dans le besoin. Fin décembre 1824, elle tombe malade, elle annonce à ses filles que ce sera sa dernière maladie, et déclare à son mari qu’il se convertira après qu’elle sera décédée, elle meurt le 5 février 1825 entourée de ses deux filles. Ce jour-là, Christophe rentre très tard et découvre son épouse morte, il pleure et regrette ses erreurs. Peu de temps après sa mort, comme elle l’avait prédit, son mari devient tertiaire de l’ordre trinitaire, puis prêtre franciscain.
 
Elle est béatifiée avec Jeanne Beretta Molla, une autre mère de famille, et Isidore Bakanja, un laïc congolais martyr, le 24 avril 1994 lors de l’année internationale de la famille par Jean-Paul II. Le pape la propose comme modèle pour les familles chrétiennes, son corps repose à Rome à l’église Saint-Charles-des-Quatre-Fontaines et sa fête est célébrée le 5 février.
 
Chartiste (n.m.) spécialiste de l’étude des chartes. Élève de l’École des chartes à Paris.
 
Charte (n.f.) : du latin chartula, de charta, « lettre ». Écrit solennel qui était destiné à consigner des droits ou à régler des intérêts. Ensemble de lois constitutionnelles d’un pays. (Avec une majuscule le plus souvent.). Loi, règle fondamentale : La charte des droits de l’homme.
 
Thuriféraire (n.m.) : le thuriféraire (du latin turifer, « porteur d’encens », lui-même composé d’un mot grec θυς, thus, « l’encens » et du latin ferre, « porter ») est le servant d’autel chargé du maniement de l’encensoir lors de la messe ou de certains offices de la liturgie. Il est parfois accompagné du naviculaire, servant qui s’occupe de porter la navette contenant l’encens. La fumée de l’encens que porte le thuriféraire symbolise à la fois le respect, la purification, et la prière qui monte vers Dieu : « Que ma prière devant toi s’élève comme un encens » (Psaume 140), aussi le thuriféraire veille-t-il à ce que l’encensoir soit toujours allumé pendant la cérémonie. L’encensoir est aussi utilisé lors de la Divine Liturgie orthodoxe, mais il est manié en général par un prêtre ou un diacre.
 
Thuriféraire est également un adjectif désignant tout porteur d’encens, comme les anges thuriféraires.
 
Au sens figuré, un thuriféraire désigne une personne qui, portant une estime démesurée à une personnalité de renom ou de premier plan, savante ou politique, religieuse ou littéraire, la croit digne de toutes les louanges et la défend agressivement contre les moindres critiques ou mises en doute des détracteurs éventuels ; si le porteur de louanges et le défenseur de l’œuvre idéalisée est hypocrite ou peu sincère, agissant par intérêt courtisan, il devient vite un flatteur, un flagorneur, cette métaphore attestée en 1801 dans un usage littéraire rappelant le rôle de l’encenseur qui offrait de l’encens aux dieux, activité proche de l’idolâtrie.
 
Tutélaire (adj.) : du latin tutelaris, dérivé de tueor, « regarder fixement, avoir à l’œil » d’où « surveiller, protéger »). Qui tient sous sa garde, sous sa protection. Protecteur, défenseur.
 
 
 
Impetuous Beauty of the Night
to Elizabeth Canori Mora
 
The bewitching song of frogs
playing with the brooch of the moon
in the green waters of happiness!
 
Shining circles of forms defined
by the graceful dance of shadows!
 
The mauve mist
gently extinguishes
the light from windows!
 
The incandescent quiet,
the indecipherable space
the night bringing virtue to words!
 
Cantors and Chartists carrying censers,
young naviculars,
the tutelary God of joy,
pleasant resoluteness of sudden inspiration!
 
And our childish names, my Angel,
writings in smooth red ink
in ancient parish registers!
 
O this immortality breathing
in our frail breasts!
 
Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges
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