Poèmes de Caroline Laurent Turunc

 
Poèmes de Caroline Laurent Turunc
 
 
CONDUIS LENTEMENT
 
Conduis lentement je ne suis pas pressée du tout
Puisque nous avons déjà passé le soleil couchant
Ou bien est-ce lui qui nous a passé je n’ai pu le savoir
Il y a un autre ciel un peu plus loin
Une fois que nous l’avons passé
Nous arriverons bientôt au champ des campagnes muettes
 
Conduis lentement je ne suis pas pressée du tout
De toute façon, ne sommes-nous pas morts
Ne sommes-nous pas de ceux qu’on fait taire le plus rapidement
Je n’ai pu savoir si les oiseaux en sommeil sont de nous
Ou bien si nous faisons partie des oiseaux
Alors que Dieu a décidé de nous effacer,
Un souffle a emporté tout
 
Conduis lentement je ne suis pas pressée du tout
Je ne me rappelle pas d’ailleurs mon passé
Depuis qu’on a sonné les glas de la mort dans les déserts
Les traces de pieds nus sur le bord de la mer
A qui appartenaient-elles
Elles rappellent pour ainsi dire les coups de plectre d’un troubadour
Quelle agréable mélodie
 
Conduis lentement je ne suis pas pressée du tout
Les nuits sont longues, n’écourte pas donc mon sommeil
Les péchés du jour constituent d’ailleurs une charge lourde sur mon dos
Tu dois me réveiller avant de passer la vigne
Prenons – y quelques tonneaux de vin puisqu’on a beaucoup de temps dans le paradis
Il ne faut pas y manquer de quoi boire j’ai déjà le gosier sec
 
Conduis lentement je ne suis pas pressée du tout
Je vis d’ailleurs la souffrance de l’écroulement
Le tourment de l’obscurité
Tombent un à un sur les toits le halo violet de la lune les nuages en deuil
Ils sont sur le point de nous engloutir
Le vent nous emportera
Et un instant après un grand rien.
 
 
 
JE MARCHERAI
 
Je marcherai sans m’arrêter
Jusqu’à ce que le vent vomisse son écume
Puis, il effacera tout ce qu’il y a en arrière
Comme un fleuve qui s’ouvre à l’infinité.
 
Apparaitront tout qui ce qui ne s’est pas révélé
La lumière qui danse à l’extérieur de l’obscurité
Ceux qui se sont égarés le matin
Les heures qui se transforment en noir.
 
Il est intéressant ce monde captif des plaisirs
Ou bien est-ce le plaisir même qui est captif du monde
C’est l’homme qui vit la plupart des chagrins
Seulement ses désirs ses sentiments
Des attitudes qui s’en fichent de la justice du monde.
 
Peut-être bien des gens ne se plairaient-ils pas à ce que je dis
Ils n’y prêtent pas l’oreille, ne veulent pas comprendre
Critiquent mes vertus que j’ai portées à l’écriture
Ma foi que j’ai en la justice de la vie ne change jamais
 
O toi qui dis que tout est mauvais,
Prête l’oreille plutôt à ce qui n’a pas été dit qu’à ce qui l‘a été
Et réfléchis bien à ce que je n’ai pu expliquer
Le revers d’un miroir est visible, l’important c’est de pouvoir voir l’invisible.
 
Les gouttes de pluie tombent à terre, la terre les engloutit
Toutefois, si tu te caches dans ta coquille,
Il ne sert à rien de tâcher de te retrouver
Moi, je veux marcher avec ceux qui marchent et contempler avec eux.
 
Et moi je suis capable d’être à la fois maison,
Chemin, vent et terre
Je n’ai ni passé ni avenir
Je ne suis qu’une bribe qui m’accommode à l’harmonie
 
 
 

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